Archive annuelle 5 décembre 2022

Journée nationale de l’arbre: L’ANIMF sur les pas de la construction des villes vertes…

L’association nationale des institutions des micros finances département de Goma, a planté ce Samedi 3 Décembre 2022 en prélude de la journée nationale de l’arbre, 300 arbres le long de la rue allant de l’entrée présidentielle à l’entrée Kilijiwé en municipalité de Karisimbi en ville de Goma au Nord-Kivu.

L’objectif de cet écogeste à en croire le répondant local de l’ANIMF, Monsieur Bushri FAZILI, est de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, ce problème qui a besoin de la conjugaison des efforts pour une dose de solutions inclusives.

L’initiative ne concerne pas que Goma…

Dans les villes de Kinshasa, Goma, Bukavu, Butembo, tout comme de Kindu, l’ANIMF attend planter 1000 arbres, tel que prévoit son plan annuel de 2022.

Et pour se rassurer qu’après plantage mort ne s’en suivra, l’association a engagé un jardinier qui, durant 3 à 4 mois, se chargera d’arroser les plantules et replanter d’autres dans les espaces où les sujets auront fané ou détruits.

Ce n’est pas tout !…

Loin des objectifs tels qu’annoncés ci-haut, le geste de ce samedi était aussi vecteur d’un message de sensibilisation.
Oui, sensibiliser les institutions des microfinances, qu’outre l’inclusion financière, elles doivent accompagner de façon participative, le processus de restauration des écosystèmes, victimes depuis des années, de la dégradation, ce qui se traduit immédiatement par le réchauffement climatique.

<< Alors, aujourd’hui l’association invite les institutions des micros finances à intégrer le principe de “la microfinance verte”...>>, A sensibilisé Bushiri Fazili.

Il a poursuivi à dire, je cite: << C’est à dire, elles sont appelées à développer des nouveaux produits et services qui sont financés et qui sont de nature à accompagner les populations dans l’adaptation aux défis du changement climatique mais également soutenir l’accompagnement et le développement d’une agriculture durable, l’économie circulaire, les énergies renouvelables...>>, Fin de citation.

L’ANIMF, se sent concernée par les retombées du réchauffement climatique…

<< Les enjeux climatiques et la dégradation de l’environnement préoccupent au plus haut point l’association. C’est pourquoi depuis 2019, elle s’est engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique, notamment par le reboisement…>> A pour autant indiqué le répondant de l’ANIMF.

Planter les arbres, a-t-il poursuivi, << doit être une culture responsable et une éthique pour tout citoyen. Car ces arbres présentent des effets qui profitent à toute la population…>>.

D’où cet appel…

<< Toutes les populations doivent s’inspirer de cette action. S’il s’agit d’arroser, elles peuvent nous aider, mais aussi aller planter des arbres dans leurs parcelles respectives. Cela sera également une bonne action pour le développement de l’économie verte…>> A encore une fois cru savoir Bushiri Fazili.

Face au changement climatique, personne n’a droit au Sommeil…

Alors que les projections faites par les démographes démontrent que d’ici 2050 plus de 70 % de la population mondiale vivra dans les villes, swisscontact.org pense qu’il est temps de prendre des précautions nécessaires qui s’imposent, pour s’adapter à ces nouveaux enjeux qui ne laisseront pas intact l’environnement.

Swisscontact estime par exemple à cet effet que, les solutions palliatives à cela, devront prendre en compte les aspects tels que:

1. La planification de l’énergie et des ressources dans les villes ;
2. La structure urbaine et les systèmes énergétiques ;
3. La mobilité urbaine et l’énergie durable ;
4. La gestion de l’air pur ;
5. Des pratiques et un environnement économes en énergie et en ressources ;
6. Les systèmes de gestion intégrée des déchets ;
7. Les plans stratégiques pour stimuler l’économie circulaire et les entreprises vertes ;
8. Des stratégies visant à impliquer la société civile dans la gestion de l’environnement ;
9. Le traitement des eaux usées ;
10. L’emploi vert et l’attractivité économique, sans oublier de faire de nos villes, des véritables “villes vertes”, ce qui suppose l’introduction de la verdure dans les différents plans de construction, que ce soit pour des infrastructures publiques ( Routes, marchés, Écoles,…) que privés.

John TSONGO/Goma-RDC

ICCN/Parc des VIRUNGA : Usage de la force, spoliation, ou expropriation militarisée des terres ancestrales ? Les cris inouïs des autochtones de Nzulo

Les habitants du village Nzulo, groupement Kamuronza, chefferie des Bahunde, territoire de Masisi, continuent d’accuser l’Institut Congolais pour la conservation de la nature (ICCN ndlr), de lui bloquer l’accès à ses plus ou moins 2538 hectares de ses terres ancestrales. Pourtant, ces habitants disent avoir déjà gagné un procès contre le gouvernement Congolais, en foi de quoi les 2538 hectares leur « ravis » par l’Etat Congo-Belge à l’époque, devraient leur être restitués sans entrave.

Le samedi 22 Janvier 2022, plusieurs habitants du village Nzulo ont même manifesté pour célébrer le jugement RC 20-070 rendu par les cours et tribunaux en faveur de cette population de Nzulo, comme nous l’a affirmé Masungane Gabriel, croisé à Kasengesi, d’où partent les parcelles de la portion en conflit.

Pour leur porte-parole en même temps vice-président du noyau de réflexion du village  Nzulo,  Monsieur Courage Bikanaba Kanane, c’est depuis les années 1948 que l’Institut Congolais pour la conservation de la nature ICCN, a négocié une superficie de 2538 hectares auprès des autochtones de Nzulo, dans le but de l’annexer au parc national des Virunga, qui partage ses limites avec ce coin du territoire de Masisi, notamment dans la localité de Kasengesi.

Sur quel soubassement s’appuie la population de Nzulo ?

En 1948, il y a une convention qui avait été signée entre l’Etat Congo-Belge et nos aïeux de Nzulo, qui cultivaient déjà cette terre depuis des années. Alors comme les Belges savaient qu’il devait y avoir éruption volcanique un moment et que cette lave ravagerait cet espace appartenant à nos ancêtres, le Congo-Belge avait sollicité, que cette terre qui serait ravagée par le volcan soit annexée au parc, pourvu que les villageois soient indemnisés.

D’après toujours le vice-président du noyau de réflexion du village  Nzulo,  Monsieur Courage Bikanaba Kanane, personne ne peut se faire prévaloir avoir droit à la concession de Nzulo, laquelle à plus forte raison, appartient aux habitants autochtones de Nzulo.

Il raconte : « En 1948, il y a une convention qui avait été signée entre l’Etat Congo-Belge et nos aïeux de Nzulo, qui cultivaient déjà cette terre depuis des années. Alors comme les Belges savaient qu’il devait y avoir éruption volcanique un moment et que cette lave ravagerait cet espace appartenant à nos ancêtres, le Congo-Belge avait sollicité, que cette terre qui serait ravagée par le volcan soit annexée au parc, pourvu que les villageois soient indemnisés.

Curieusement, la lave avait coulé et l’Etat Congo-Belge avait annexé la partie, sans qu’elle n’ait indemnisé la population. Mais le document certifié reprenant les closes entre l’Etat Belge et la population, existait.

Consciente qu’elle n’avait pas été indemnisée, la population de Nzulo avait voulu reprendre sa terre, mais avec les troubles de jouissance de la part des éco-gardes à l’endroit des populations, celles-ci avaient été obligées de saisir la justice Congolaise contre l’Etat Congo-Belge. Et voilà suite à l’équité de la justice Congolaise, cette dernière a reconnu le droit et l’a rendu en faveur de la population de Nzulo. Saisi du dossier, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général Ndima Kongba Constant, a procédé par l’exécution volontaire de l’arrêt de la justice. A travers un ordre de mission, le gouverneur militaire  a désigné un géomètre pour aller délimiter la concession appartenant à la population de Nzulo et la séparer des 172 hectares reconnus comme devant revenir à l’Etat Congolais. C’est-à-dire à l’ICCN.

Après mésusage par les agents du service de cadastre, la surface obtenue après délimitation de 172 ha revenant à l’État congolais était l’équivalant de 2538 ha.

Le chef de division du cadastre avec le géomètre qui étaient sur terrain, avaient élaboré un rapport, avec croquis à l’appui. Et voilà, même l’huissier du tribunal de grande instance devait se rendre sur terrain pour se rassurer de l’effectivité de l’action, entre autre, l’exécution volontaire de l’Etat Congolais, chose qui a été faite… » Nous a raconté Mr. Courage, avant de nous signifier que le jugement rendu était accompagné d’un certificat de non appel.

Qu’en pense la population de Nzulo ?

Les populations de Nzulo toutes heureuses, ont salué la décision de la justice, sans pourtant tenir compte de l’aspect « patrimoine mondial de l’UNESCO » qui guette le parc national des Virunga. Elles estiment à ce sujet, que ce n’est pas à l’UNESCO « de décider de la gestion de la terre de leurs ancêtres ».

Les populations de Nzulo toutes heureuses, ont salué la décision de la justice, sans pourtant tenir compte de l’aspect « patrimoine mondial de l’UNESCO » qui guette le parc national des Virunga. Elles estiment à ce sujet, que ce n’est pas à l’UNESCO « de décider de la gestion de la terre de leurs ancêtres ».

« Que cette UNESCO vienne nous montrer là que ses grands pères avaient des collines sur notre sol. Suis un pygmée, j’ai vécu ici depuis des années, c’est d’ailleurs nous qui intronisons les rois ici. Que cette fameuse UNESCO nous laisse tranquilles avec notre terre héritée de nos aïeux … » a lâché, un sexagénaire, au milieu d’une foule munie des machettes, venue défricher une terre supposée déjà «  reconquise, arrachée des mains des prédateurs ».

Population à tort ou à raison,… L’ICCN aux abois ?

Dans ce dossier, l’Institut Congolais n’a certes fait, aucune sortie médiatique. Même sur terrain, à Kasengesi, les éco-gardes ont juste laissé la population faire tout ce qu’elle pouvait… Entre scander des chansons de joie et défricher sur les aires du plein parc, les éco-gardes n’ont fait qu’observer. Nonobstant, dans les couloirs de l’Institut Congolais, l’on dispose d’un gigantesqu’ouvrage qui ret

Dans ce dossier, l’Institut Congolais n’a certes fait, aucune sortie médiatique. Même sur terrain, à Kasengesi, les éco-gardes ont juste laissé la population faire tout ce qu’elle pouvait… Entre scander des chansons de joie et défricher sur les aires du plein parc, les éco-gardes n’ont fait qu’observer.

Nonobstant, dans les couloirs de l’Institut Congolais, l’on dispose d’un gigantesqu’ouvrage qui retrace tous les litiges entre le parc des Virunga et ses riverains. Ce document semble ne pas reconnaitre les allégations de la population de Nzulo.

Selon l’esprit dudit document, il a vécu des négociations entre les populations de Nzulo et l’Etat Congolais, les années 1935 (10 ans suivant la création des Virunga, à l’an 1925). Ces négociations avaient pour objectif, l’atterrissage sur un terrain, en vue de l’indemnisation de la population de Nzulo, quant à ce qui concerne la partie déjà couverte par la lave qui s’étendait sur 2538 hectares. C’est par la suite que l’Etat congolais avait suggéré que si une nouvelle éruption apparaitrait pour la deuxième fois, l’Etat congolais sous l’œil de l’ICCN pourrait coopérer encore avec les riverains ; pour intégrer la partie nouvellement couverte par la lave au parc, sous la bénédiction d’une autre indemnisation bien sûr. Pourtant, depuis 1912 jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de seconde éruption volcanique affectant la partie ouest de la ville de Goma et de surcroît la zone de Nzulo.

Quoi de plus normal que l’ICCN ne se reproche de quoi que ce soit. En conséquence, quoi que tenant mordicus, la population de Nzulo sort à tort et perdante, s’il faut avoir foi en ces révélations couchées dans les colonnes du document de l’Institut Congolais pour la conservation de la nature ICCN.

Divergence entre ICCN et habitants de Nzulo, … une soupe sirupeuse pour les défenseurs environnementaux ?

Dix-neuf jours après les manifestations de jouissance, dans la fièvre d’avoir juridiquement pris le dessus sur l’Etat Congolais dans le dossier 2538 hectares « spoliés », l’alerte congolaise pour les droits humains et l’environnement ACDH, une organisation non gouvernementale pro-environnementale, organise un point de presse et se prononce sur la question.

Son coordonnateur qui allègue comme un farouche avocat de l’ICCN (selon les propos de la population de Nzulo), atténue au départ ses propos, en reconnaissant aux populations locales, le droit de réclamer ses terres… « Il est légitime pour les populations locales, de réclamer leurs droits,… ». Maitre Olivier NDOOLE touche cependant un bémol, dans la suite de son speech : « mais il n’est pas soutenable juridiquement dans un Etat de droit, que ces réclamations se fassent en violation des lois et des procédures en vigueur en République démocratique du Congo » nuance-t-il.

L’ACDH, se dédouane alors sur les autorités : « Alors, pour notre regroupement, par la tenue de ce point de presse, il s’agit de dénoncer le silence coupable des autorités tant au niveau national que provincial, mais aussi une complicité qui se retrace à partir de Kinshasa jusqu’au niveau provincial, qui observent passivement comment des gens occupent de manière illégale des espaces dans les aires protégées…parce qu’il n’y a jamais eu de décision gouvernementale pour déclasser la partie située dans le parc dans la zone de Nzulo  » laisse-t-il entendre.

Dossier judiciaire ? à priser ou à saper ?

S’agissant du fameux dossier sur fond duquel la population de Nzulo se réclame le droit de jouissance sur les 2538 hectares coté parc, « même si on prétendait qu’il y avait eu une décision judiciaire et l’opacité dans laquelle le procès a été mené, où la république aurait été amenée devant les cours et tribunaux ; la république a été condamnée mais l’ICCN n’a jamais été appelé dans le procès. L’ICCN est venu à tierce opposition et à l’heure actuelle, il y a des voix au niveau des hautes juridictions. Et donc, il n’existe pas de décision définitive pouvant permettre une exécution mais aussi au-delà de cela, on ne peut pas mener une exécution forcée contre la République… » Ajoutait alors Olivier NDOOLE de l’ACDH.

Pour avoir des éclaircissements suffisants par rapport à cette question, l’ACDH et ses pairs, ont, révèle Olivier, saisi le président de la République, pour espérer en finir une fois pour toute. Maitre Olivier qualifie d’amalgame, le fait que pareille décision ait pu être rendu contre l’ICCN sans être nulle part ni saisi encore moins convié au procès. « Les autorités doivent en toute urgence, éclairer l’opinion par rapport à cette question, » insiste l’alerte Congolaise sur le droit de l’homme et l’environnement ACDH.

Plus de deux trimestres plus tard, le dossier a rebondit…

Alors que les autochtones jouissaient déjà de « leur terre », en vendant même des parcelles et en mettant en valeur leur foncier, le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général Ndima Kongba Constat a signé en date du Samedi 15 Septembre 2022, un arrêté provincial Numéro 01/264/CAB/G-P-NK/2022 DU 15 Septembre, portant suspension des travaux sur le terrain du parc National des Virunga, occupé illégalement au lieu-dit Nzulo, en groupement Kamuronza, chefferie des Bahunde, territoire de Masisi, en province du Nord-Kivu. Ledit arrêté portait le message ci-dessous :

ARRETE :

Article 1er : Sont suspendus jusqu’à nouvel ordre, tous les travaux de construction, d’exploitation agricole et
autres activités incompatibles avec la conservation de la nature dans le Parc National des Virunga, spécialement dans la Zone de Nzulo et ses environs.

Article 2 :

Article 4 :

Les éléments de force de défense et de sécurité sont requis pour porter main forte au Corps chargé de la sécurisation des parcs nationaux et réserves naturelles apparentées. A cet effet, le Commandant de la 34ème Région Militaire, le Commandant 33Groupement Naval, le Commissaire Provincial de la Police Nationale Congolaise et l’Auditeur Militaire Supérieur sont enjoints de mettre à la disposition du Commandant CorPPN/ICCN les éléments pour l’exécution des mesures reprises ci-dessus.

Une force conjointe composée des éléments de l’ICCN, de l’Armée et de la Police Nationale sera mise à contribution pour veiller au maintien de l’ordre et de la sécurité dans la Zone de Nzulo et ses environs.

Tous les actes de cession ou de vente établis sur la Zone précitée, située dans l’aire protégée, sont nuls et de nul effet.

 

Article 5:   Sont abrogées toutes les dispositions antérieures contraires au présent Arrêté Provincial.

Article 6 : Le Directeur de Cabinet du Gouverneur, le Conseiller Principal ayant l’Administration du Territoire, la Sécurité, l’Ordre Public et l’Environnement dans ses attributions, le Commandant de la 34ème Région Militaire, le Commandant 3) Groupement Naval, le Commissaire Provincial de la Police Nationale Congolaise, l’Auditeur Militaire Supérieur, le Directeur Provincial de ITCN ainsi que l’Administrateur du Territoire de Masisi sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent Arrêté Provincial qui entre en vigueur à la date de sa signature.

Déjà une force déployée sur terrain sur ordre du Gouverneur

Photo tiers

Faisant suite à l’arrêté du Gouverneur de province, une force mixte composée de 125 éléments dont des Rangers de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), de la Police nationale congolaise (PNC) et des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) a été déployée à Nzulo, ce vendredi 30 septembre 2022.

L’objectif du déploiement de cette force est  d’assurer la mise en œuvre de l’arrêté du gouverneur militaire du Nord-Kivu du 15 septembre 2022 suspendant toute activité n’entrant pas dans les objectifs du maintien du parc et/ou de la conservation de la nature.

Quel sera alors le sort des autochtones ? Quel sera également le sort de ceux qui y avaient déjà payé des parcelles ?

Les populations autochtones ne décolèrent pas !

Vendredi 7 Octobre 2022, plus de 2000 personnes autochtones ont encore manifesté leur colère pour s’opposer à la décision du gouvernement provincial. Ces populations ont barricadé la route entre Mugunga et Mubambiro et ont coupé la relation entre le territoire de Masisi et la ville de Goma.

D’après les autochtones rencontrés en pleine manifestation, la manifestation avait également pour objectif, la chasse de la brigade sécuritaire déployée à Nzulo pour appliquer la mesure du Gouverneur, mais également passer un message à l’ICCN « qu’il n’a aucun droit de vouloir s’arroger des terres ancestrales dont il ne dispose d’aucun droit de jouissance ».

Ces manifestations qui se sont soldées en émeutes entre la brigade et la population, ont fait 3 blessés par balles dans les rangs de la population et coté garde-parc et la population locale condamne ce qu’elle qualifie « d’usage disproportionnel de la force par la brigade à l’endroit d’une population qui était pourtant non armée ».

Pourquoi avoir attendu autant d’années pour réclamer ce droit à la terre ?

Lors d’un entretien à bâton rompu avec quelques autochtones dans les heures post-manifestations, plusieurs révélations nous ont été faites. Akiba MUSEMAKWELI et François MWINJA, deux des grandes cassettes de l’histoire de Nzulo nous ont signifié que les années passées sous latence, étaient pour eux le temps de réunir toutes les preuves, en vue d’affronter l’Etat Congolais avec tous les soubassements possibles.

C’est ainsi qu’en 2002, un procès va commencer pour n’aboutir qu’à 2005 (à la cours d’appel de Goma). En 2012, la même procédure judiciaire  reprend, les autochtones intentent de nouveau un procès en justice, qui ne finira par aboutir qu’en 2019, soit 7 ans plus tard ; par le jugement RC 20-070 rendu par les cours et tribunaux en faveur de cette population de Nzulo, nous ont fait savoir Bikanaba Kanane et Mundeke Musheki Pierre, notables de Nzulo.

Dans le même jugement sur lequel nous sommes pu tomber, le tribunal reconnait à la population de Nzulo, le doit de jouissance de 1110 hectares. Ces 1110 ha sont d’après tout une mesure approximative. C’est pourquoi après délimitation par l’équipe du service du cadastre, la vraie superficie revenant à la population de NZULO après séparation de 172 ha appartenant à l’État congolais avait été de 2538 ha. C’est donc cette superficie qui revient légalement à la population autochtone de NZULO. 

Le jugement prévoit à cet effet, que l’Etat Congolais doit débourser l’équivalent en dollars Américains, de 1 million (1000 000 USD) de dollars en guise des dommages et intérêts, conformément à l’article 258 CCCLIII, et ce en francs Congolais.

Que reprochez-vous à l’Etat congolais contre qui vous avez porté plainte ?

«L’Etat congolais n’a jusqu’aujourd’hui jamais honoré ses engagements.  Premièrement, la convention était telle que l’Etat Congo-Belge devait nous construire 6 citernes d’eau. Il était aussi question de nous construire une université et une école secondaire. La convention prévoyait également la construction des habitats pour la population locale délocalisée jusqu’à Sake. La population devrait également bénéficier du courant électrique… » Explique Mundeke MUSHEKI Pierre, président du comité du « LUTHALE » (fief privé du chef, en langue locale). Mundeke regrette en outre, qu’après tous ces temps de léthargie, l’Etat Congolais n’ait pas pensé à honorer ses engagements. « Je regrette qu’en lieu et place de nous récompenser, l’Etat nous tue. Pourtant, il devait nous féliciter pour avoir attendu et tenu tout ce temps ». A-t-il poursuivi. Aujourd’hui, face à ce que la communauté de Nzulo qualifie de non crédibilité de l’Etat dans ce dossier, cette dernière estime qu’il est inopportun de penser à l’indemnisation. Ce qui lui importe, c’est la restitution de sa terre, ou rien.

Avant d’intenter le procès contre le gouvernement congolais, y avait-il eu des échanges autour de la question ?

« Non ! » a rétorqué Bikanaba KANANE Courage, notable et vice-président du noyau de réflexion du village  Nzulo. Il justifie cette façon de faire par le fait que Nzulo ne reconnait pas l’ICCN dans ce dossier. Plutôt l’Etat Congolais et qu’il était donc hors des questions d’associer l’ICCN de quelle manière que ce soit à des quelconques tractations ayant trait à des questions de Nzulo. Par conséquent, « l’ICCN s’est invité dans le dossier et fait donc entrave à l’application du jugement des cours et tribunaux, rendu en faveur de la population de Nzulo, ce qui est aussi une infraction », a laissé entendre Bikanaba.

Gain du procès, couloir ouvert à la vente des terres !… Précipitation, violation des lois coutumières ou peur d’expropriation ?

Après la mission de délimitation de la partie des terres appartenant à la population de Nzulo conformément au prescrit du jugement, les populations de Nzulo ont morcelé leurs terres. Les unes ont vendu, d’autres ont construit et d’autres encore ont  valorisé leurs portions par l’agriculture. Le vice-président du noyau de réflexion du village  Nzulo justifie cette attitude par le plein droit réservé aux autochtones sans aucune interférence, de décider de la gestion de leur propre patrimoine. « La terre nous appartient. C’est à nous de savoir comment la gérer. Et dans beaucoup des cas, plusieurs autochtones ont vendu, pas pour une simple fantaisie, mais pour se tailler juste des moyens de bord pour une mise en valeur de leurs portions des terres, leur attribuées juste après le partage. » A allégué Courage. « Ce n’est donc pas à cause de la peur que nous avons vendu. Parce que même cet ICCN qui s’illustre par des troubles de jouissance, n’a aucun soubassement juridique pour se réclamer un quelconque droit de propriété sur notre terre ancestrale de Nzulo ». A poursuivi Bikanaba.

Et si l’ICCN gagnait ? Que serait votre attitude en tant que population autochtone ?

Cette question a été depuis des temps celle qui a préoccupé le moins, la population de Nzulo. « Nous avons confiance en notre justice. Le jugement a déjà été rendu à notre faveur. Il a d’ailleurs été accompagné d’une attestation ou mieux si vous voulez, d’un certificat de non appel. Et nous savons tous, que personne n’est au-dessus de la justice, et par ricochet, de la loi. Dire que l’ICCN pourrait un jour gagner, je ne pense pas. Surtout que nous n’avons jamais eu de problème avec l’ICCN, sinon l’Etat Congolais, alors Congo-Belge à l’époque. » A expliqué Bikanaba.

Quelles solutions envisagez-vous pour résorber cette crise de Nzulo ?

 Cette question a bénéficié de trois réponses émanent des différentes catégories des sources interrogées.

  1. « Que l’ICCN cesse d’interférer dans ce dossier. Car il n’y est pour rien. Qu’il nous laisse jouir de notre droit ancestral. A mesure il nous agace, à mesure il s’attire des ennuis inutiles… ». Ont opiné de façon unanime, les populations rencontrées à Nzulo-même. Pour elle, la seule solution face à ce problème, c’est laisser la laisser jouir de sa terre, sans interférence aucune de qui que ce soit, y compris l’ICCN.
  2. La solution à cette crise de Nzulo se traduit par « une mobilisation et le respect de la légalité », soutient Maitre Olivier NDOOLE de l’ONG Alerte congolaise pour le droit de l’homme, ACDH.
  3. « S’ils veulent réellement mettre fin à cette crise, qu’ils réunissent le gouverneur comme représentant personnel du président de la République, le chef de la chefferie des Bahunde, le Mwami Nicolas KALINDA, et le tribunal pour statuer sur la question en vue de trouver une issue favorable. Ça sera également l’occasion de décider de la nature des indemnités à donner aux populations autochtones, victimes de ce conflit depuis des années… » soutient pour sa part, le Mundeke MUSHEKI Pierre, président du comité du « LUTHALE » (fief privé du chef, en langue locale) et l’un de ceux qui ont accompagné la communauté de Nzulo durant toutes les phases du procès.

Destruction méchante, mort d’hommes, tortures,… l’ICCN dans les viseurs ?

L’ICCN accuse toujours la population de Nzulo, de violer intentionnellement les limites du parc. Et la population de Nzulo accuse l’ICCN de lui exproprier ses terres ancestrales. Dans ces jeux de ping-pong entre ces deux parties prenantes, l’ICCN s’adonne à la destruction des cultures des populations autochtones, démolit ses édifices et la pourchasse.

L’ICCN accuse toujours la population de Nzulo, de violer intentionnellement les limites du parc. Et la population de Nzulo accuse l’ICCN de lui exproprier ses terres ancestrales. Dans ces jeux de ping-pong entre ces deux parties prenantes, l’ICCN s’adonne à la destruction des cultures des populations autochtones, démolit ses édifices et la pourchasse.

Pire encore, des morts côté civils dans le dossier de Nzulo !

En Avril 2022, l’ICCN a ouvert le feu sur un autochtone pygmée du nom de MUTIFU ETOO qui est mort sur place. « Alors que l’ICCN n’avait pas encore fini à indemniser l’un des nôtres, voilà qu’il vient de blesser encore trois personnes dans la manifestation d’aujourd’hui… » S’est exclamé un manifestant.

Quelques 7 jours plus tard, Evariste BIRAGI, l’un des trois manifestants blessés a succombé de ses blessures. Pendant ce temps, Kikuru Bahati blessé à sa main et Fumbu SAVIRE suivent les soins et se rétablissent peu à peu, nous a confié Gabriel Ntila, un des notables de Nzulo. « Et, un jour, il faudra que l’ICCN réponde devant la justice pour tous ces crimes. Mais pour l’instant il doit d’abord nous laisser jouir librement de notre terre… Parce qu’à dire vrai, il nous a déjà suffisamment causé des dégâts.  Pour l’instant, nous comptabilisons plus de 150 maisons démolies méchamment par l’ICCN et  plus de 70 hectares des vivres des autochtones, dévastés toujours par l’ICCN » S’est exprimé Bikanaba, remémorant les dommages nés de la crise de Nzulo.

Achat des parcelles à Nzulo,… Pour quel risque ?

Rencontré pour cette fin, Monsieur Héritier, a avoué s’être déjà payées quelques parcelles auprès des autochtones à Nzulo. Il affirme par ailleurs être prêt à toute éventualité. Il garde de ce fait un sang-froid, pour avoir depuis longtemps œuvré dans le monde du foncier.

Evolution du dossier, quid sur le plan judiciaire ?

Pour comprendre cet aspect du dossier, nous avons cherché à rencontrer sans y parvenir, les avocats des deux parties impliquées. Toutefois Coté ICCN par exemple, une source anonyme nous a signifié en expliquant je cite : « Comme vous le savez, le jugement prétendument rendu en faveur des habitants de Nzulo, avait été fait contre la république. Et là, il y a des choses à dénoncer et qui ont été dénoncées, et même des juges qui ont été complices par rapport à cette situation. Et à part cela, il y avait des intérêts : L’ICCN comme Institution de l’Etat qui a mandat de veiller sur les aires protégées, n’était pas parti à ce premier procès. C’est de cette manière qu’il a introduit une action à tierce opposition contre ce jugement qui était rendu au préjudice de ses biens, notamment le parc national des Virunga, et c’est à ce niveau-là que le dossier traine encore.  L’ICCN avait suspecté la cours d’appel du Nord-Kivu parce qu’il avait prétendu qu’elle y avait des intérêts, c’est une procédure prévue par la loi. Et l’affaire a été envoyée au niveau de la cours d’appel du haut-Lomami, et encore l’ICCN a suspecté la cours de Haut-Lomami, et donc l’affaire reste au niveau de la cours de cassation jusqu’à présent, pour se prononcer par rapport  à cette affaire… » Fin de citation.

Mais En dépit du jugement rendu en faveur de la population, celle-ci ne jouit toujours pas de sa terre… Pourquoi ?

C’est d’ailleurs l’absence de la réponse à cette question, qui fait que jusqu’aujourd’hui, le conflit prenne toujours ses aises. Nous avons à cet effet, posé la question à Maitre Olivier NDOOLE, avocat vert et coordonnateur de l’alerte congolaise pour le droit de l’homme ACDH. Il nous a répondu en ces termes : « Une décision judiciaire ne désaffecte pas un bien de l’Etat.  Même si cette décision était non attaquable, les biens de l’Etat ne doivent pas être cédés sans être désaffectés. Et la désaffectation se fait à travers des décisions administratives. Pour le cas du parc, ça doit être un décret qui désaffecte une partie du parc national des Virunga. Dans le cas d’espèce pour un parc, il y a toute une procédure au niveau de l’assemblée,  pour arriver au déclassement. Ce qui n’a pas encore été fait », Nous a-t-il fait savoir.

Résurgence du dossier de Nzulo, Constant Ndima y-est-il pour quelque chose ?

Nos efforts pour entrer en contact avec le Gouverneur de province n’ont certes pas payé. Mais une source indépendante consultée dans ce sens, a laissé entendre qu’en ordonnant à une équipe d’aller délimiter la partie due à la population de Nzulo et revenir sur la même décision par la suite, ne veut pour autant pas dire que l’autorité provinciale a une part de responsabilité dans ce qui prévaut. Ses attitudes dans ledit dossier découlent d’une erreur en laquelle elle été induite par « ceux  qui prétendent avoir une décision définitive ». « C’est comme ça que l’autorité provinciale, après s’être rendue compte qu’avant elle avait été induite en erreur, par les mêmes parties qui prétendent avoir une décision définitive, elle a ; elle-même avec le concours des autorités nationales, estimé qu’il fallait stopper cet envahissement du parc national des Virunga dans sa partie de Nzulo »… A confié cette source.   

Nzulo, entre conflits, crises et dégâts… qu’en sait et dit le Chef coutumier ?

Pour chercher à savoir plus de ce que le chef coutumier de la chefferie des Bahunde maitrise de ce dossier, et ce qu’il pourrait envisager comme solutions, nous avons rencontré le Mwami Nicolas KALINDA KIBANJA. Mais hélas, le Mwami ne nous a pas donné assez d’explications. « Il y a un arrêté qui a été signé par le Gouverneur de Province, par rapport à cette question de Nzulo. Mais je crois que l’arrêté n’annule pas le jugement qui est déjà rendu. Les autochtones ont interjeté appel, je crois que c’est après les résultats de ces démarches, que nous aurons à argumenter là-dessus… », Nous a dit le Mwami.

Gérées par l’Institut Congolais pour la conservation de la nature ICCN, les aires protégées de la RDC sont au total composés de 9 parcs nationaux et de 63 domaines de chasse et réserves. Elles couvrent  10,47 % du territoire national.

Mais avec l’expansion démographique que connait actuellement l e pays, ces aires sont de plus en plus sous menaces des activités anthropiques, situation à la base des conflits entre l’ICCN et les riverains de ces aires. Le parc des Virunga, l’un des plus concernées par cette réalité, connait des litiges presque sur toutes ses frontières, y compris la région de Nzulo en territoire de Masisi.

Mais que dit la loi congolaise en matière de désaffectation d’une partie d’une aire protégée ?

Dans la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature, le législateur Congolais définit que dans certains cas définis par des textes légaux, les autorités compétentes peuvent, dans les circonstances définies à l’article 20, décider d’accorder certaines dérogations. Ci-dessous lesdites explications.

Article 20

« Sans préjudice des dispositions de l’article 19 de la présente loi, l’organisme public prévu à l’article 36 peut, à titre exceptionnel et dans les aires protégées qu’il gère, accorder des dérogations notamment :

1) dans l’intérêt de la protection de la faune et de la flore sauvages et de la conservation des habitats naturels ;
2) dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publique, ainsi que de la sécurité alimentaire des populations riveraines des aires protégées ;
3) pour prévenir des dommages importants notamment aux cultures, à l’élevage, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et à d’autres formes de propriété ;
4) à des fins d’éducation, de repeuplement et de réintroduction de ces espèces et pour des opérations de reproduction nécessaires à ces fins, y compris la propagation artificielle des plantes ;
5) à des fins de recherche scientifique et de bioprospection.

Il en informe le ministre ayant la conservation de la nature dans ses attributions. »… Reste alors à savoir, si en dehors de sa particularité, le cas de Nzulo pourrait être concerné par ces dispositions légales telles que reprises à l’article 20.

John TSONGO

Les lauréats de la 9e édition des bourses Claude VERLON et Ghislaine DUPONT ont été annoncés.

Après Zahra MAHAMAT HASSANE, Henintsoa Tiana Miranto Rakotomalala s’est vu attribuer la 9ème édition des bourses Claude VERLON et Ghislaine DUPONT de Rfi dans la catégorie technicien. 26 ans, a été choisi parmi une dizaine de candidatures. Il détient un master en informatique du Centre national d’enseignement à distance de Madagascar et travaille actuellement à Aceem Radio.

Dans son reportage « tout en son » il nous emmène sur un terrain de football à Dakar, où il rencontre un éducateur sportif et de jeunes amateurs de round-ball. En particulier, le jury a fait l’éloge «d’un très bon travail sur l’atmosphère», et «d’une bonne maîtrise technique de l’enregistrement sonore».

En tant que journaliste, Esther Senpa Blaksemdi a gagnée. 25 ans, est originaire de Maroua, en Extrême-Nord camerounais. Diplômée de l’Institut de formation et de conservation du patrimoine audiovisuel, elle œuvre actuellement à Garoua pour CRTV Nord, la radio et la télévision camerounaises. Elle dit avoir été amoureuse de la radio dès sa tendre enfance.

Dans ce sujet réalisé à Dakar, la journaliste donne la parole à ces jeunes parfois appelés « enfants-serpents », ou « enfants-crocodiles », et à ceux qui se battent contre la stigmatisation. Le jury a fait l’éloge d’un sujet traité avec sensibilité et finesse.

Texte de Rfi adapté par Oredy MUSANDA

Crédit photo Rfi 

RDC, mouroir ou oasis des journalistes ?… Ce rapport chagrinnant de JED

124 cas d’atteinte à la liberté de la presse ont été notifiés entre les 2 Novembre 2021 et 2 Novembre 2022.

C’est ce qui ressort du rapport établi par l’ONG “Journaliste en danger” (JED ndlr), rapport publié ce Mercredi 2 Novembre 2022.

En ville de Goma, le répondant de JED, Monsieur Tuverekwevyo Undikwavwira qui a présenté le contenu dudit rapport à la presse, note que:

1 journaliste a été tué (dans le Nyiragongo);
2 Journalistes ont été enlevés ;
3 journalistes ont été interpellés ;
49 Journalistes ont été menacés ;
34 Journalistes ont été arrêtés ;
18 Journalistes ont été agressés ;
17 Radios et émissions ont été fermées ;… sur toute l’étendue des 26 provinces que compte la RDC.

Parmi les provinces où la liberté des journalistes est beaucoup plus mise en mal, JED fait allusion à l’Equateur, le Haut Katanga, le Haut Lomami, le Nord-Kivu, le Sud-Ubangui,… pour ne se limiter qu’à celles-là.

En outre, les provinces de Kinshasa, du Nord-Ubangui, de l’Ituri ou encore du Sud-Kivu,… Ont enregistré un certain nombre d’avancées en matière de respect des droits à la liberté des Journalistes.

Qui court-circuite la liberté des Journalistes ?

À ce niveau, JED établit des responsabilités dans les cas d’atteinte à la liberté de la presse.

45 % sont les services Étatiques qui viennent à premier lieu ;
Viennent ensuite certains dignitaires proches du pouvoir ;
Suivent les agents de la police nationale congolaise PNC ;
Des inconnus arrivent à la 4e position ;
Les groupes armés à la 5e place ;
Et en fin les forces armées qui arrivent à la 6e et dernière position.

Une particularité pour le Nord-Kivu…

Tuverekwevyo Undikwavwira se désole que le Nord-Kivu soit l’une des provinces les plus mal côtées. Des 20 médias que compte le territoire de Rutshuru par exemple, seuls 5 médias émettaient encore jusqu’à la prise de ce territoire par les terroristes du M23.

Que demande JED ?

Journaliste en danger estime à l’heure actuelle, que les autorités congolaises devraient tout faire pour :

  • Faire cesser les abus du pouvoir à l’endroit des professionnels des médias ;
  • Décriminaliser les délits de presse ;
  • Promulguer la loi Muyaya, qui apporte des amendements dans celle de 1996, relative aux droits et devoirs des Journalistes en RDC ;
  • Accélérer la mise en œuvre des résolutions des États généraux de la communication et des médias, parmi lesquelles, la subvention par le gouvernement Congolais, des médias légalement reconnus ;
  • Mettre en place (au pays) un mécanisme d’alerte et de monitoring des cas d’atteinte à la liberté de la presse…
  • Les Journalistes de leur côté, devraient éviter de se faire manipuler…

En 2021, l’ONG Journaliste en danger avait documenté 110 cas d’atteinte à la liberté des Journalistes, parmi lesquels 1 cas d’enlèvement et 3 cas d’assassinats des journalistes. Le même rapport poursuivait que dans ce lot de 110 cas d’atteintes diverses à la liberté de la presse répertoriés en RDC, 48 avaient été recensés dans la partie Est de la RDC, dont 25 cas dans les deux provinces sous état de siège, le Nord-Kivu et l’Ituri, notamment.

John TSONGO THAVUGHA Goma-RDC

Goma: Gardons le calme, serrons-nous les coudes et restons soudés derrière les forces de défense et de sécurité… (Gouv. Militaire du Nord-Kivu à la population)

En ville de Goma, la vie a repris son cours normal la soirée de ce lundi 31 Octobre 2022, après une journée d’intenses manifestations populaires décrétées par la société civile et les mouvements citoyens, pour dénoncer la complicité de la communauté internationale dans l’agression de la RDC par le duo Rwando-Ougandais.

La circulation a repris sur toutes les artères routières de la ville, quoi que de manière timide.

Quelques boutiques ont même tenté d’ouvrir les portes, mais nombreux ont préféré travailler en mode guichet semi-fermé.

Selon le vœu de la société civile, ces manifestations populaires vont se poursuivre, jusqu’à ce que le M23, sa suite et ses tireurs des ficelles, se retiront du sol Congolais.

Ce voeu des forces vives de Goma, vient de bénéficier de l’appui de celles de Bukavu et de Butembo, qui projettent elles-aussi, des manifestations dès ce mardi premier Novembre.

Pendant ce temps, le lieutenant Général Ndima Kongba Constant, alors Gouverneur du Nord-Kivu, demande à la société civile d’arrêter des manifestations, pour empêcher que l’ennemi en use pour infiltrer la ville.

Le général de brigade Sylvain Ekenge BOMUSA porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, donne dans la vidéo ci-dessous, l’intégralité du message de l’autorité provinciale.

John TSONGO THAVUGHA Goma-RDC

Goma: le ras-le-bol de la population pour dénoncer la complicité de la communauté internationale dans l’agression Rwando-Ougandaise contre la RDC…

La ville de Goma connaît depuis ce dimanche 30 Octobre 2022, des manifestations populaires.

Décrétées par la société déjà à partir du samedi 29, ces manifestations populaires se veulent dénonciatrices de la “complicité de la communauté internationale dans l’agression Rwando-Ougandaise contre la RDC”.

Ce lundi 31 Octobre, consécutivement à la série des manifestations telles qu’annoncées par les forces vives et mouvements citoyens, les jeunes sont descendus dans les rues de la capitale du Nord-Kivu.

Munis des bâtons, des branches d’arbres, des cailloux, des drapeaux, en scandant des chansons hostiles à la communauté internationale et au pouvoir de Kigali, ces jeunes ont inondé toutes les rues stratégiques de la capitale.

Partis de l’axe Katindo pour les uns, Majengo pour les autres et de Kabutembo pour les autres encore, tous les manifestants ont relié la petite barrière, puis la grande, avant de faire la ronde du centre-ville, obligeant tout passant de se munir d’une branche d’arbre, comme condition pour circuler dans la ville.

Pour l’instant, presque toutes les activités socio-économiques, estudiantines et scolaires sont paralysées, et les manifestations se poursuivent.

Sans avancer aucun bilan des actions en cours, le colonel Job Alisa SAMBOKERA commandant PNC (Police Nationale Congolaise) ville de Goma, dit comprendre le ras-le-bol de la population, qu’il qualifie << d’action populaire >> normale, pour toute population menacée. Il l’appelle toutefois tout le monde à la vigilance et de ne donner aucune occasion à l’ennemi d’infiltrer la ville.

John TSONGO THAVUGHA Goma-RDC

MONUSCO-RDC : Programme DDR de la MONUSCO, deux décennies de perte de temps ou de distraction des Congolais ?

Plus ou moins 11448 ex-combattants ont déjà été rapatriés dans leurs pays d’origine (Rwanda et Burundi surtout), entre 2010 et 2022 dans la partie Est de la RDC, suite au programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR ndlr), de la mission des nations unies pour la stabilisation de la RDC ( MONUSCO ndlr).

C’est ce qu’a relevé l’officier au département des affaires politiques à la MONUSCO, Julius N. FONDONG. C’était à Goma ce Jeudi 27 Octobre 2022 devant la presse, à l’occasion de la réouverture des rencontres d’échanges entre la MONUSCO les médias, après un certain moment de rupture imposée par la pandémie à covid-19 d’une part et des antécédents liés au M23 d’autre part.

À la même occasion, Julius N. FONDONG a passé au peigne fin, quelques réalisations de la MONUSCO durant l’année 2022 qui est en train de s’achever.

Dans le domaine des infrastructures par exemple,…

La MONUSCO indique avoir construit et équipé le bureau administratif du territoire de Nyiragongo (érigé à Kibumba ), à hauteur de 50 000 $ (cinquante mille dollars Américains).

Elle a, poursuit-elle, construit et équipé le bureau du Collectif des Associations Féminines pour le Développement (CAFED ndlr), toujours à hauteur de 50 mille dollars, dans le cadre de son programme “Femme et sécurité”.

Toujours dans ce volet “Femme et sécurité“, la MONUSCO note avoir facilité plusieurs séances d’échanges, que ce soit dans le cadre d’autour des enjeux électoraux, du renforcement des aptitudes des femmes vis-à-vis de la constitution du dossier de candidature sans appartenir à un parti politique, ou encore de l’organisation des débats autour des thématiques diverses ayant trait au vœu d’épanouissement personnel de la femme.

S’agissant par ailleurs du secteur de la jeunesse, la MONUSCO fait savoir qu’elle a plusieurs fois organisé des séances de réflexion des jeunes autour de la culture de la non violence et ce, dans le cadre du programme “Jeune, Paix et sécurité“.

Dans le volet protection des civiles, la mission onusienne indique sans avancer des précisions chiffrées, avoir plusieurs fois assisté les populations civiles dans les cas d’extinction du feu, lors des drames d’incendies.

Aux côtés de ce réalisations, la MONUSCO a suffisamment assisté la population en terme de protection dans le déminage des engins explosifs, et se félicite à ce niveau, de rouler ensemble avec son “principe sacro-saint” : << la protection des civiles avant tout >>.

La mission des nations unies note également dans ses actifs, la construction des écoles, des maisons de justice, des centres de formation, dont celui d’ailleurs de Ngungu dans le territoire de Masisi, qu’elle croit savoir avoir construit et équipé moyennant un montant global de 500 000 $ (cinq cents mille dollars Américains). Ce centre servira par moment de lieu d’encadrement des jeunes rendus durant les moments pré-réintégration, et par autre moment, de lieu d’apprentissage de certains métiers aux jeunes du coin, mais aussi de ressourcement intellectuel, car ledit centre dispose d’une bibliothèque.

Programme DDR de la MONUSCO, deux décennies de perte de temps ou de distraction des Congolais ?

Pendant plus de 30 ans, la partie Est de la RDC est minée par des groupes armés. Ils se comptent par centaines et sont soit locaux, soit étrangers.

Depuis aujourd’hui 22 ans (2022) depuis que l’importante mission de l’ONU de maintien de la paix dans le monde travaille sur cette question, il semble hors des questions de vanter le bilan y relatif.

En effet, depuis son arrivée au pays et aujourd’hui vieille de 22 ans, la MONUSCO semble avoir plus facilité la création des groupes rebelles qu’elle n’a contribué à les éradiquer, ou à absorber leur capacité de nuisance,… estiment plusieurs observateurs.

Survie ou flagellation des groupes armés,… le terrain d’une croissance exponentielle…?

Juste après la guerre de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL ndlr) des années 1997 conduite par Mzee Laurent Désiré KABILA et sa suite, la partie Est de la RDC a connu et connait toujours un foisonnement des groupes rebelles. D’abord celui du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD ndlr), mué en congrès national pour la défense du peuple (CNDP ndlr), puis en M23; ensuite, celui des forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR ndlr), comme principaux et apparemment virulents.

Leur pérennité est d’autant plus cancérigène tant pour la sécurité de la RDC que de la région des grands lacs. Leurs désarmement, démobilisation et réintégration réussis, seraient perçus comme la destruction d’une tour de Babel de l’insécurité dans la région des grands lacs.

Mais la déception est démesurée…

Oui, une déception d’un peuple qui voit une force planétaire fainéante, incapable de défaire des << simples >> groupes armés << équipés, alimentés et entretenus par des acteurs très bien connus, pour un vœu hégémonique accompagné et attisé par une complicité internationale...>>.

Ce qui fâche encore !

Plutôt que de dégringoler, les groupes armés ont proliféré plus qu’ils n’auraient plutôt dû connaître une réduction car normalement coincés par les rafales du DDR de la MONUSCO.

Mais hélas, en plus des groupes rebelles évoqués dans le paragraphe précédent, l’Est du Congo-Kinshasa a également connu une cancérisation d’autres groupes armés.

En effet, le groupe d’étude sur le Congo (GEC nldr), répertoriait en 2020, 130 groupes armés actifs dans les provinces de l’Ituri, Nord et Sud-Kivu, une partie du Tanganyika et du Maniema.

En Février 2021, dans une étude sur les groupes armés, le Baromètre sécuritaire du Kivu, mentionnait dans le rapport intitulé : << La cartographie des groupes armés dans l’Est de la RDC, Opportunités manquées, Insécurité prolongée et Prophéties auto-réalisatrices >> publié sur kivusecurity.nyc3.digitaloceanspaces.com; que les effectifs des groupes rebelles dans l’Est de la RDC, étaient passés de 130 (2020) à 122 (2021), soit une petite diminution de 8. Curieusement, de quoi s’énerver les uns et les autres, la naissance de plusieurs groupes armés est post-arrivée de la force onusienne, ce qui selon plusieurs analystes, met en évidence incontestable, la responsabilité de cette mission dans la dégradation de la situation sécuritaire en RDC !

Des questions qui fâchent !

Combien Y-avait-il de groupes armés à 2000, à l’arrivée de la MONUSCO ?

Comment le nombre des groupes armés est-il passé de (4) à 130 dans une zone où une mission onusienne mène des opérations de désarmement ?

Faut-il dire que dans la prolifération des rebelles à l’ Est, la MONUSCO y est pour quelque chose ? Encore qu’elle a vu naître dans sa zone d’influence où elle travaille depuis 22 ans, une centaine des groupes armés ?

Aujourd’hui, s’il faut accorder des côtes à la MONUSCO allusion faite à son programme DDR, de quoi parlerait-on ? Échec, réussite ou chemin balisé d’une balkanisation engraissée par la communauté internationale par son émissaire : la MONUSCO ?

La MONUSCO a-t-elle un conjoint avec qui partager ce forfait beaucoup plus moins digérable que navrant ?

Toutes ces questions restent pendantes, face à un peuple Congolais qui n’a que pieds pour fuir quotidiennement les atrocités, yeux pour pleurer ses morts et sacs mortuaires pour enterrer les siens.

MONUSCO en RDC, solution ou problème ?

La MONUSCO est alors perçue aujourd’hui comme problème et mal aux côtés d’autres maux Congolais. Pour autant qu’elle n’a pas su durant deux décennies, implémenter son programme DDR.

DDR,… Confusion ou distraction ?

La MONUSCO, l’union européenne, les nations unies et plusieurs autres acteurs partenaires du gouvernement Congolais sont intervenus dans le programme de désarmement, mais où sont les résultats ? europarl.europa.eu

Désarmement, Démobilisation, Réintégration , le désordre observé dans ledit programme semble avoir joué un rôle important dans son échec. Au mois de Juillet 2021, Félix Tshisekedi, alors chef d’État Congolais, a créé le programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation en RDC (P-DDRCS). Il est le quatrième programme DDR créé en RDC.

En Août 2021, Félix a nommé le coordonnateur national, Tommy Tambwe à la tête de ce programme, qui lui-même malheureusement, avait eu un rôle dirigeant dans trois groupes rebelles. << Il a fait partie de l’AFDL, après il a intégré le RCD, puis le M23,…>>.

Et pour ces raisons, la société civile du Nord-Kivu trouvait en Tommy Tambwe, quelqu’un qui << n’avait jamais été démobilisé pour démobiliser les autres, car il fait partie du problème...>>. 

Et curieusement plus d’une année qu’il était plébiscité à la tête de ce programme, il attend peut être 22 ans aussi pour présenter un bilan convaincant…!

Mais qu’est-ce qui bloque les choses ?

Tous les acteurs sont allés sur terrain, sans avoir conséquemment compris les causes intrinsèques de l’existence des groupes armés dans la région Est de la RDC. Et alors, que d’entamer les causes, les acteurs s’attaquent toujours aux conséquences ! Conséquence, le problème demeure en dépit de la teneur des démarches menées, soutiennent nombreux.

Ils estiment en outre, que l’autodéfense, le pillage des ressources naturelles, la protection des terres ancestrales contre un envahissement étranger (présence d’expropriateurs des terres aux origines opaques),… sont aussi parmi les causes de la persistance des groupes armés. À cela s’ajoute la présence des rebellions étrangers qui agissent comme des cordons Satellites avec des pays voisins, dans pillage, kidnapping, spoliation des terres et contrebande minière.

Comment résoudre le problème ?

La résolution au problème (le DDR donc) doit être le revers des aspects susmentionnés, présentés comme racines du malheur. Mais cela ne sera possible, que lorsqu’il y aura eu << l’analyse profonde des causes de l’existence des groupes armés, couplée à la ferme et sincère volonté du processus politique en RDC…>>, Soutiennent Julius N. FONDONG et Amadou BA, tous deux de la MONUSCO.

John TSONGO THAVUGHA Goma-RDC

RDC-Santé/COVID-19 : À quoi ça vaut encore la peine de se faire vacciner ?

<< La diminution des cas de contamination au COVID-19, ne doit pas alimenter la méfiance vis-à-vis du vaccin anti-covid >>.

Conseil de l’analyste en charge de l’information, communication et recherches à la division provinciale de la santé (DPS ndlr), le Docteur Dan KAPUKU.

Il l’a dit aux journalistes à Goma, ce Mercredi 26 Octobre 2022, dans un café de presse organisé par internews, une organisation passionnée par des questions de santé et qui œuvre dans les provinces du Tanganyika, Ituri, Nord et Sud-Kivu, dans son projet “enraciné dans la confiance“.

Le Docteur Dan KAPUKU, indique que la diminution des cas de contamination au COVID-19 relève des efforts fournis par la population dans l’engouement dont elle a fait montre dans la vaccination, mais aussi du courage des équipes techniques des personnels soignants et tous les autres partenaires.

Mais ça ne suffit pas !

Ça ne suffit pas parce qu’en dépit des effectifs des personnes vaccinées, le seuil requis (80 % de la population) pour construire une immunité collective, n’est toujours pas atteint… A expliqué pour sa part, le Docteur Yves KIUMA, du programme élargi de vaccination (PEV ndlr) au Nord-Kivu.

En RDC, Seules 170 573 personnes environ, se sont faites vaccinées à la première dose, depuis le début de la pandémie du COVID-19 en Mars 2020. Au Nord-Kivu par ailleurs, seules 3113 personnes ont pris le vaccin, mais l’imunité collective est loin d’être atteinte.

Par ailleurs, la semaine du 17 Octobre, dans une sortie médiatique, le Docteur Jean-Jacques MUYEMBE, annonçait que la RDC avait suffisamment enregistré d’avancées dans l’éradication de la pandémie, que cette maladie cessait d’être une urgence de santé publique.

Les propos de Muyembe découragent ?

Ces propos qui allaient être interprétés dans le sens d’appeler les citoyens au relâchement des mesures barrières, ont plutôt été réexpliqués par le Docteur KAPUKU. << Le Docteur MUYEMBE ne s’est pas trompé. La qualification d’une épidémie d’urgence ou de préoccupation de santé publique, dépend du seuil des personnes qu’elle touche. Aujourd’hui, à l’allure où vont les choses, la RDC se comporte bien. Le nombre des personnes infectées et sous traitement, diminue peu à peu >>. Ont soutenu conjointement le Docteur Yves KIUMA du PEV et Désiré BUYANA du service de communication du ministère de la santé au Nord-Kivu.

Mais À quoi ça vaut encore la peine de se faire vacciner ?

<< Certes, nous avons suffisamment enregistrées d’avancées en terme de lutte contre le covid-19. Parce que même au Nord-Kivu, nous n’avons que 6 cas de contamination à la pandémie qui sont sous traitement. Et ils sont d’ailleurs suivis en dehors de l’hôpital…>>, A expliqué le Docteur Dan KAPUKU.

Mais il a poursuivi…

<< Nous avons tout intérêt de nous faire vacciner. Car les personnes vaccinées, quand bien même elles deviennent vulnérables au COVID-19, elles ne développent pas des formes graves…>>.

Et bien plus, a-t-il poursuivi, << nous devons travailler pour vacciner 80 % de la population, pour construire une immunité collective. Et là, même les 20 % des non vaccinées, seront protégées par la majorité vaccinée…>>, A-t-il conclu.

Vaccino-septicisme, comment rattraper les réticents ?

Des 100 % vaccinés, seuls 16 % des personnels soignants ont reçu le vaccin. Mais le PEV a mis en place une stratégie d’accroître les effectifs. Il s’agit d’un côté, du lancement (renouvellement) de la campagne de vaccination tous les trois mois et de l’autre, la mise en place de la tactique des groupes mobiles de vaccination. Cette deuxième donne permet aux équipes de rejoindre les requérants du vaccin chacun dans son milieu naturel.

Depuis sa déclaration en RDC, le 10 Mars 2020, la pandémie du COVID-19 a infecté plus ou moins 93111 (nonante trois mille cent et onze) personnes dont deux probables et 93109 confirmées.

Jusqu’au 25 Octobre 2022, le ministère Congolais en charge de la santé, notait un total de 83534 (quatre-vingt trois mille cinq cent-trente quatre) personnes qui sont en sont déjà guéries de la en sont guéries et 1358 (mille trois cents cinquante-huit autres en sont décédées.

John TSONGO TAVUGHA Goma-RDC

RDC/Filière café-cacao : les café et cacao Congolais à la floraison des économies étrangères, l’osmose d’une fraude cafeïcole…

Alors que les années 1980, la RDC alors Zaïre, était parmi les géants producteurs du café sur le continent Africain, aujourd’hui ce pays est sur une pente glissante de perte de production, on dirait sur le rail d’un secteur cafeïcole qui signe sa descente aux enfers…

Les années 60, le monde a vu la RDC alors Zaïre à l’époque, exporter plus de 40 tonnes du café arabica et plus de 50 du café robusta, se réfère-t-on au site graine-de-café.com.

En effet, les guerres dans tous les bassins de production du café en RDC et surtout le grand Kivu, la dégradation du réseau routier, l’absence d’un fonds de garantie en faveur des agriculteurs, la non réglementation du marché, la non sécurisation des petits producteurs du café par l’État Congolais,… Ont contribué pour beaucoup dans la dégradation de la filière du café sur l’aire Zaïre, aujourd’hui République Démocratique du Congo.

Pourtant…!

crédit photo tiers

Pourtant, avec plus de 250 milliards de dollars que fait gagner le café à l’économie mondiale, avec les plus de 25 milliards de dollars que la RDC perd chaque année par un défaut d’entretien de ce secteur, le café en sa casquette d’or vert, financerait à lui-seul jusqu’à à 500 %, le budget de la RDC d’il y a 4 ans.

Et l’insécurité s’invite

Le café est certes, produit dans plusieurs endroits du pays, de part même ses réserves importantes en terres cultivables. Mais le café de qualité qui émane des hautes altitudes du pays, et essentiellement le Kivu, est étouffé par la guerre qui s’étend sur tous les 6 territoires du Nord-Kivu d’abord, et sur les autres provinces qui lui sont voisines, je cite le Sud-Kivu et l’Ituri.

Rien que par le poste frontalier de Nobili dans le secteur de Ruwenzori en territoire de Beni écumé par la rébellion de l’ADF (Allied Democratic Forces ndlr), la RDC perd plus de 40 milles tonnes de cacao, plusieurs autres milliers de café et cela sans rigueur tenue vis-à-vis d’autres postes frontaliers qui échappent parfois au contrôle.

représentation des produits caféine

Pire encore !

À chaque campagne agricole du café, le Congo-Kinshasa perd plus de 50 millions de dollars, suite au non entretien du secteur cafeïcole.

Mais comment ?

Plus de 40 milles tonnes de cacao Congolais traversent frauduleusement le poste frontalier de Nobili (Beni RDC) pour l’Ouganda voisin pour y être exporté comme produit en Ouganda.

Et si les café et cacao Congolais nourrissaient les économies étrangères ?

Loin de Nobili, dans le Nord Ubangui, le café et cacao Congolais traversent la frontière et relient la Centrafrique, pour y être exporté comme ayant été produit en République Centrafricaine. Pourtant ce sont des produits Congolais.

Ce n’est pas tout !

Dans la partie orientale du pays notamment dans les provinces de l’Ituri et de la Tshopo, le café Congolais franchit les frontières, il relie le Sud-Soudan pour y être exporté comme produit dans ce pays, pourtant tous voisins à la RDC.

Et sous ce climat, la RDC s’éloigne chaque année qui passe, de plus de 25 milliards de dollars, soit 500 % de son budget des années 2001-2017.

Pourquoi cet état des choses ?

L’absence des routes nationales et de dessertes agricole, le non appui technique aux petits producteurs, l’accès difficile ou quasi inexistant des agriculteurs aux financements, la non existence du fonds de garantie agricole, la prédation du champ d’action des petits producteurs nationaux par les étrangers, l’inexistence d’une politique d’encadrement des agriculteurs, l’insécurité permanente dans les zones de production cafeïcole… autant des mots ont depuis des années, rongé le secteur du café et l’ont dépouillé non seulement de sa substance, mais aussi et surtout de sa teneur économique.

Mais aujourd’hui l’espoir renaît…

Au cours du premier trimestre de l’an 2022, la Banque centrale du Congo notait dans un rapport, que la RDC avait fourni au marché, 1 044 tonnes de café. Selon le même document, cette production augurait une légère hausse par rapport à la production du premier trimestre de l’année dernière (2021), où les statistiques ne présentaient que l’équivalent de 848 tonnes, comme production du café fourni par le pays.

Pour toute l’année 2021, la production du café a été évaluée à hauteur de 12 683 tonnes, faisait toujours savoir le même rapport.

Après avoir subit le plein fouet de près d’un siècle dans le combat de l’abandon, le café commence à attirer agriculteurs, commerçants, consommateurs, transformateurs et autres. C’est justement ce qui explique cet engouement des coopératives agricoles qui réfléchissent ces jours, autour de comment redonner au café sa digne qualification des temps ancestraux: “l’or vert”.

Ce Mardi 24 Octobre 2022 à Goma par exemple, sur initiative de l’Office National des Produits Agricoles du Congo ONAPAC, plusieurs coopératives agricoles œuvrant dans la filière café pour les unes et cacao pour les autres, se sont réunies dans les enceintes même de l’ONAPAC.

D’un côté, pour clôturer la campagne annuelle café-cacao 2021-2022 et lancer la nouvelle autre: 2022-2023;

De l’autre, pour réfléchir ensemble sur comment relever les défis de ce secteur et faire du café et du cacao, la véritable pierre angulaire non seulement pour les économies des producteurs mais aussi et surtout pour celle du pays.

Cette rencontre a permis aux membres des différentes coopératives du café, d’évaluer l’année précédente. Mais aussi, de projeter pour la suivante, avec un objectif costaud! Celui d’atteindre 15 milles tonnes des exportations annuelles du café.

Cette occasion a également permis aux différents maillons de la chaîne de valeur café, d’organiser une exposition des différents sous-produits du café et les faire déguster, pour ainsi inciter les citoyens locaux et surtout ordinaires, à la culture de la consommation du café.

De l’explication des bienfaits du café pour la santé à la présentation de son potentiel médicinal sans égal, en passant par ses vertus multiples,… tout a été au rendez-vous.

Mais en dépit de tout, une étape n’a pas manqué !

C’est celle de la formulation par ces petits producteurs, des recommandations qu’ils estiment être une solution aux défis du moment dans la filière du café.

Par le biais du président du Réseau des coopératives des producteurs du café cacao de la RDC, Monsieur Gilbert MAKELELE; les différents acteurs du secteur café-cacao soutiennent que pour relever cette filière, l’État Congolais doit mettre en place une loi agricole qui donne du poids aux agriculteurs, doit simplifier et informatiser le processus d’acquisition des visas à l’endroit des acheteurs internationaux, il doit simplifier le processus d’exportation du café, il doit activer la création du fonds national pour le développement agricole FONADA, doit réhabiliter les routes de desserte agricole, il doit régulariser le secteur café cacao, il doit endiguer la fraude dans le circuit d’exportation du café et du cacao, mais aussi doit mettre en place des stratégies de promotion des produits agricoles locaux, tout en veillant sur le maintien de la qualité du café et du cacao.

En plus de réhabiliter les routes de desserte agricole imposer la sécurité dans les zones non stables, les autorités congolaises devraient tout de même apporter des amendements au niveau des lois sur les coopératives agricoles en RDC, et accélérer les acquis de la réforme foncière.

L’amélioration des vies, des producteurs du café et du cacao, la prise en compte des jeunes et des femmes,...”, C’est sous ce thème que la journée de cette 2022 a été commémorée.

John TSONGO THAVUGHA Goma-RDC

Belgique : La RDC au rendez-vous du REBRANDING AFRICA FORUM ( Make Africa Great ),… Que se passe-t-il ?

La ville Bruxelloise accueille depuis le matin de ce Vendredi 21 Octobre 2022, le “REBRANDING AFRICA FORUM ( Make Africa Great )”.

Il s’agit plutôt d’un forum au cours duquel, plusieurs types de réflexions tentant à reprofiler l’Afrique sont débattus.

La RDC, aujourd’hui plaque tournante dans les enjeux planétaires environnementaux et pays à dynamique industrielle inimaginable, est représentée à ce forum par le ministre Congolais en charge de l’industrie, Julien Paluku Kahongya.

Pour cet ancien Gouverneur du Nord-Kivu, dans ce forum de Belgique, il est aussi et surtout question pour les participants à ce salon, de parler d’une Afrique comme gage de l’avenir du monde, en nous posant surtout une question pertinente : << Cette Afrique dont nous hérité, comment la projetons-nous pour les 50 années à venir… ?>>.

Dans ce salon prestigieux, Julien Paluku Kahongya dit avoir fait part aux participants venus de différents horizons, de ce qu’a réalisé la RDC comme avancées vers son émergence, que ce soit en matière industrielle et développementale.

<< La RDC par ma personne, a déroulé sa stratégie basée sur les nouvelles politiques publiques qui sous-tendent le réveil du géant congolais : Le Plan National Stratégique de Développement ( PNSD ), le Plan Directeur d’Industrialisation ( PDI ), le Plan de Développement Local de 145 territoires ( PDL – 145 ), la mise en place des Zones Économiques Spéciales, et le Plan National de Développement Agricole ( PNDA )… autant d’outils ont été partagés et discutés >>.

A souligné le Ministre de l’industrie, Julien Paluku.

Depuis son initiation, Le REBRANDING AFRICA FORUM est à sa 8e édition.

Il est heureusement se réjouit Julien, << le lieu où se passent les transformations dont l’Afrique a besoin pour faire peau neuve et attirer les partenaires nécessaires à son développement…>>, Convainc-t-il.

Il faut en fin dire que ce forum de Bruxelles a également connu la participation de plusieurs acteurs techniques, financiers et des milieux d’affaires. En présence tout de même, de Monsieur André Flahaut, Ministre d’État Belge et Président honoraire de la Chambre des Représentants.

L’élan que prend aujourd’hui l’industrie Congolais, semble présager qu’un accélérateur maintenu dans ce rythme ; propulserait le Congo-Kinshasa sur un panorama Industriel le plus éminent d’Afrique d’ici 2050. Aux fils et filles de ne jamais lâcher !

John TSONGO THAVUGHA/ Goma-RDC